On prend un amant comme un miroir, non pour le regarder, mais pour s'y regarder. Henri Duvernois
Il rentre dans la rame et s’installe à côté de moi. Il est jeune, plutôt mignon. Nos cuisses se frôlent. Imperceptiblement. De temps en temps la pression est plus forte. Par moment nos regards se croisent. Appuyés. Puis il détourne la tête. Ou bien c’est moi. Dans le reflet de la vitre me faisant face je peux voir qu’il me dévisage parfois. La situation m’excite. J’ai un début d’érection. Je pourrais lui sourire. Ou bien engager la conversation. Mais je n’ai pas envie de rompre le charme. De concrétiser. J’aime cette situation improbable qui ne mènera à rien. Je me lève à la station Green Park. Je lui jette un dernier regard en quittant la rame. Peut-être rêverai-je de ce beau brun cette nuit. Ou pas.

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