Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /2010 11:33

Pourquoi ais-je tout d’un coup cette sensation opprimante d’être prisonnier de cet endroit, comme pris au piège ?





Si vous avez manqué la partie précédente, c'est ici. Pour reprendre du début, c'est ici.




Quelle heure peut-il être ? Ma montre est toujours sur la table de chevet. Depuis cette nuit. Je suis seul. Salim n’est plus à mes côtés. Deux heures quarante. J’ai fait un bon petit somme. Je vais me raser, prendre une douche, puis descendre rejoindre les autres. Je les entends discuter en bas. Une bonne douche bien chaude, voilà ce dont  j’ai besoin.

 

Ils sont tous là, assis dans le salon. Ils me regardent, puis éclatent de rire. L’ambiance à l’air plus détendue.

 

  Vous avez des nouvelles de Sylvie ?

 

Les sourires retombent aussitôt. Je viens de casser quelque chose, des moments précieux où l’espace d’un instant ils avaient oublié cette pénible réalité.

 

 Rien de neuf, il n’y a pas vraiment d’amélioration. Yann a appelé ses parents, ils n’étaient pas là, il a laissé un message sur leur répondeur en leur demandant de le rappeler sur son portable. Il n’a pas osé leur dire ce qui s’était passé sur le répondeur.

  Il a bien fait. Il va falloir les mettre au courant doucement. Ça va leur faire un choc !

 

Et quel choc… je n’ose imaginer leur état lorsqu’ils sauront. Heureusement, et c’est très égoïste de ma part, je n’aurai pas à leur parler. Je pense que j’aurais beaucoup de mal à accepter, ou plutôt supporter les cris de douleur d’une mère submergée par le chagrin, la peur et l’angoisse. Mais comment vont-ils réagir lorsqu’ils apprendront que leur fille, leur fille unique, est dans un état critique à l’hôpital. C’est intéressant de voir comme chacun d’entre nous répond de manière totalement différente aux aléas de la vie. Il y a tellement de facteurs qui nous gouvernent. Notre religion, notre éducation, notre niveau social, notre expérience… tout ceci fait que nos réactions sont parfois peu prédictibles, souvent étonnantes. Telle personne qui nous donne l’impression d’être très faible peut se révéler dans des situations dramatiques quelqu’un de très fort, d’exemplaire. Et moi, comment est-ce que je réagirais dans des situations identiques ? Qui peut le dire ? Est-ce que je me connais assez moi-même pour le dire aujourd’hui ? Probablement pas. Perdu dans mes pensées, je ne saisi pas tout ce qui se dit autour de moi. Il semblerait qu’il soit question de partir à la plage. La plage, quelle bonne idée ! J’ai besoin, nous avons besoin de nous changer les idées. J’acquiesce avec un grand sourire. Oui allons-y. Isabelle a le numéro de portable de Yann. Nous restons joignables. C’est idiot, mais je suis excité par cette sortie, par cette petite récréation. Comme si je me sentais prisonnier de cette maison. Comme un prisonnier qui attend chaque jour ses vingt minutes de promenade. Pourquoi ais-je tout d’un coup cette sensation opprimante d’être prisonnier de cet endroit, comme pris au piège ? Oui c’est ça, j’étouffe ! Il faut que je sorte. Vite !





A suivre...

Par ivc - Publié dans : Roman - Viol à l'arraché - Communauté : Romans en ligne
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