Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /2010 23:57

SFR solidaire







SFR a annoncé aujourd’hui qu’il allait rendre à partir de minuit les communications vers Haïti gratuites à ses abonnés téléphonie et Internet en solidarité avec la catastrophe récente.

Voilà une réponse concrète et rapide à cet évènement dramatique,  un geste de générosité qui arrive à point nommé pour tous les proches en France des ressortissants haïtiens et qui mérite d’être salué.

Par ivc - Publié dans : Actualité
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /2010 19:57

Abbé de la Morandais







Invité dans l’émission de Jean-Marc Morandini sur Direct 8, l’Abbé de la Morandais a fait hier une confidence étonnante à propos de sa rencontre avec Johnny Hallyday. Quand christianité n’est pas forcément synonyme de compassion et de charité…




 






 


Par ivc - Publié dans : TV
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /2010 00:28

Je suis parfois étonné de voir que certains articles attirent plus de visiteurs que d’autres, même après plusieurs mois de publication. Un des articles les plus consultés de mon blog a été publié il y a un peu plus d’un an et s’appelle Souffrances. Qui a dit que les articles les plus légers étaient les plus populaires ?







Quand souffrances rime avec succès






Se remettre d’une rupture amoureuse n’est jamais simple, surtout quand cette relation a durée plusieurs années. Surtout quand on est toujours amoureux. Beaucoup de souffrance. Beaucoup de difficulté à vivre avec le quotidien. Un quotidien solitaire. Après plusieurs années partagées avec l’homme de sa vie on est rentrée dans une routine. Une routine à deux.  On est habitué à toujours trouver quelqu’un à la maison en rentrant le soir. On est habitué à avoir quelqu’un sur qui compter. On est dans une petite bulle. Émotionnellement.  Socialement. Tout semble plus facile. Semble. Et puis un jour c’est la rupture. Brutale. On est toujours amoureux. Mais celui qu’on aime par-dessous tout nous abandonne. Nous trahis. Et tout s’écroule. On est anéanti. On se retrouve seul. Tout seul. Il faut apprendre à survivre. À ne pas se laisser aller. À reprendre goût à la vie. À reprendre une vie sociale. À essayer de l’oublier. Mais on ne peut pas. Il nous manque tellement. Une souffrance insupportable est présente. En permanence. Jour. Et nuit. Rentrer chez soi sachant qu’il n’y a personne pour nous attendre est insupportable. Notre vie n’est que souffrance. Pleurs. Désespoir. On se sent couler. Encore. Et encore. On s’enfonce. De plus en plus. On se rapproche du fond. Dangereusement. Très dangereusement.  Et on décide salutairement de donner un grand coup de pied. Par instinct. De survie. On reprend doucement goût à la vie. On essaie de sortir un peu. De voir des gens. On a le soutien d’amis. Mais on ne l’oublie pas. Il est toujours là. Présent. On souffre toujours. Mais les semaines passent. Puis les mois. On souffre toujours. Il nous manque toujours. Mais moins. On commence à intégrer le fait qu’il ne fait plus parti de notre vie. On a des hauts. Des flashes de bonne humeur, d’espoir, de joie de vivre. On voit beaucoup de monde. Nos amis sont ravis de nous voir aussi en forme. Et puis on a des bas. Beaucoup. Beaucoup trop. On s’isole. On annule des soirées, on trouve des excuses bidon. On déprime. Encore. Et encore. Et puis on va mieux. Beaucoup mieux. On reprend des contacts. On fait des projets. Et puis on plonge à nouveau. On se remet à hiberner. Nos amis n’arrivent plus à nous suivre. Nos émotions sont exacerbées. On s’enflamme et on se fait des films pour des remarques anodines ou pour des témoignages d’amitié. Nos amis prennent peur. Prennent un peu de recul et de distance. Car ils nous voient sur-réagir. Et puis on devient parano aussi. En fait on a tous les symptômes de la dépression.  Parce qu’on est dépressif. On a toujours ces up and down. Oui. On devient maniaco-dépressif. On est difficile à suivre pour ceux qui nous entourent. Oui. On a un gros chagrin d’amour. Il faut du temps. Beaucoup de temps. Et de l’aide. Il faut saisir les mains tendues. Ce n’est évident. Parce qu’on est aveuglé. Aveuglé par notre chagrin.

Tout ceci je ne l’ai jamais vécu de l’intérieur. Non. Parce que je n’ai jamais eu de longue histoire d’amour. Parce que je n’ai jamais été vraiment amoureux. Mais je l’ai observé. Souvent. Chez des amis. Chez des inconnus. Inconnus qui me sont devenus familiers. Grace à Internet. Grace aux blogs. Cela va faire presque un an que je parcours la toile, que je suis vos vies sur vos journaux intimes. Souvent tombé par hasard sur l’un ou l’autre, je me suis attaché, attaché à vos vies, à vos souffrances. Le chagrin d’amour est un thème récurrent chez nombre d’entre vous.  Une motivation pour écrire. Pour évacuer vos souffrances. Une sorte de thérapie. D’auto-thérapie. Thérapie par l’écriture. Par les commentaires reçus d’inconnus. Inconnus qui deviennent parfois des amis. Vous lire m’apporte beaucoup. Par procuration. Vos blogs sont une leçon de vie. Un exemple. Une sorte d’apprentissage vicariant. On apprend beaucoup de la vie. Vous parlez librement. Le côté anonyme de l’exercice. Comme chez le psychanalyste. Comme dans le confessionnal. Vous parlez vrai. Je me suis attaché à certains d’entre vous. Je vous ai parfois rencontré. Nous nous sommes parfois laissé aller à des confidences intimes. Très intimes. C’est ça la magie d’Internet. On communique. Par MSN. Par sms. Par téléphone. On s’attache. On fait en quelque sorte partie de la vie de l’autre. Comme un ami. En fait on est devenu amis. Et puis parfois les contacts s’espacent, on est chacun pris dans le tourbillon de nos vies respectives. On prend des distances. On propose des rencontres, des verres. Il ne peut pas. Il remet ça à plus tard. On se perd petit à petit de vue. Mais la distance prise ne veut pas dire qu’on s’oublie. Bien au contraire. Et même si certains d’entre vous finissent par fermer leur blog parce qu’ils décident de prendre de la distance, du recul avec la blogosphère, les amitiés formées sur Internet sont plus forte que ça, le contact est toujours présent. L’intimité crée par les confidences murmurées sur les blogs est grande, les sentiments ainsi partagés ne sont pas soumis à la loi du « je prends, je jette » parce que la complicité est beaucoup plus forte.

La vie n'est pas facile. Mais la vie est belle. Elle vaut la peine d'être vécue. À tous ceux qui souffrent d'un chagrin d'amour, gardez courage, reprenez espoir. Le bonheur est au coin de la rue. Il suffit simplement d'ouvrir les yeux pour l'apercevoir et ne pas le laisser filer !

Par ivc - Publié dans : Réflexions...
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /2010 16:48

Soldes





Les dernières semaines ont été fatigantes professionnellement parlant, because of les soldes. Beaucoup de préparation, un personnel réduit et beaucoup d’arrêts  maladie, beaucoup d’intérimaires à gérer, tout ceci est synonyme de beaucoup de pression et de beaucoup d’heures travaillées. La période des soldes est toujours une période fatigante à traverser, heureusement la partie la plus difficile est passée, mais il est clair que je commence à penser à des vacances bien méritées, je ne sais pas quand exactement, probablement au mois de mars. Où donc vais-je donc les passer ? Je ne sais pas encore, comme d’habitude me direz-vous, mais j’ai bien envie de faire un petit tour du côté de la Thaïlande, je n’en entends que du bien.

La bonne nouvelle c’est que juste avant les fêtes j’ai eu un meeting avec mes n+1 et n+2, et il semblerait qu’ils envisagent pour moi une promotion rapide comme chef de rayon. Voilà une bonne nouvelle, mais je ne m’emballe pas trop, comme dirait Chirac les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent.  On va déjà voir lors de ma prochaine évaluation annuelle si mon augmentation de salaire est à la hauteur de leur satisfaction à mon égard.

Demain reprise du travail après deux jours de repos consécutifs, un luxe salvateur, et reprise, je l’espère, d’un rythme de travail un peu plus tranquille. J’ai bien le droit de rêver…

Par ivc - Publié dans : Vie quotidienne
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    
Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /2010 11:13

Dans la bouteille, un bout de papier roulé que je n’avais pas remarqué dans l’obscurité d’hier soir.








Si vous avez manqué l'épisode précédent, c'est ici. Pour reprendre du début, c'est ici.





Il y a des matins qui commencent bien. Comme celui d’aujourd’hui. Nous nous sommes tous levés vers dix heures, puis nous nous sommes retrouvés au bord de la piscine pour un petit déjeuner simple mais convivial. Le temps est agréable ce lundi matin : doux et ensoleillé. Nous parlons de choses et d’autres, sans importances. Nous rions aussi. Beaucoup. La soirée d’hier est un bon sujet. Que ce soit dans le bar ou dans la piscine,  nous avons de bons souvenirs à partager. Tout le monde a-t-il été sage cette nuit ? Des couples se sont-ils retrouvés une fois chacun couché ? Nous nous taquinons mutuellement à ce sujet. Nous nous regardons tous, tour à tour, d’un air suspicieux. Bien que nous ayons tous juré avoir été sage, nous ne pouvons que nous amuser à imager ceux qui pourraient être les auteurs d’ébats non pas illégitimes mais cachés. Tout le monde y passe. A notre plus grand amusement.  Même Isabelle et Jérôme, les deux coincés d’hier soir, s’y mettent. Nous rions de bon matin. Et de bon cœur. Que c’est agréable !

 

Et puis le silence. Nous sommes tous silencieux. Immobiles. Fixant Yann. Il tient dans sa main la bouteille vide de gin, celle qui était dans la piscine hier soir et que j’avais négligemment jeté par-dessus bord. En se levant, Yann a buté dedans. En la ramassant pour la jeter, quelque chose a attiré son attention. Dans la bouteille, un bout de papier roulé que je n’avais pas remarqué dans l’obscurité d’hier soir. Dans sa main tremblante, il tient ce qui ressemble à une page d’annuaire déchirée. Il a lu ce qui était inscrit. Nous sommes tous suspendus à ses lèvres. Nous voulons savoir. C’est quelque chose de très sérieux, j’en suis sûr. Yann a l’air bouleversé. Il est blême. Il vacille. Aucun son ne sort de sa bouche. Il se contente de me tendre le papier jaune chiffonné où est inscrit au feutre noir les mots terribles suivants : « Je suis désolé de vous quitter ainsi, de vous causer autant d’ennuis, mais revoir cette ordure après tout ce temps m’est insupportable. Je pensais avoir la force de l’affronter enfin, afin de régler mes comptes, après toutes ces années. Mais c’est trop dur. Tous les souffrances, les angoisses que j’avais essayé depuis dix ans de refouler sont ressurgies décuplées à l’instant même où nous nous sommes revus. Tu as fait comme si de rien n’était. Tu n’as même pas eu la décence de d’excuser ou même d’exprimer des regrets. Je voulais te faire comprendre combien toutes ces années n’ont été que souffrances. Je voulais que tous les autres sachent qui tu es vraiment, toi qui m’as violée lorsque nous étions au collège. Tu vois, je n’en ai jamais parlé à personne. J’ai toujours été trop faible pour cela. Mais maintenant je te renvoie l’ascenseur. Tu vas avoir ma mort sur la conscience. Oui, c’est à cause de toi si je me suicide aujourd’hui. Ce que tu as fait il y a dix ans a détruit ma vie. Va en enfer ! Pour les autres, je suis encore désolée pour tous les tracas que ça va vous causer. Je vous aime tous. Sylvie ». C’est à mon tour d’être sonné. J’ai peur de ne pas bien comprendre. Je relis une deuxième fois l’écriture appliquée de Sylvie. Je ne peux pas y croire. Le papier passe de main en main, et à chaque fois c’est le même sentiment de choc qui transparaît sur les visages. En un instant, tout s’écroule. L’ambiance amicale de tout à l’heure n’est plus. Il y a parmi nous un traître, un salaud qu’il va falloir rapidement démasquer. Déjà les regards ont changé. Chaque mâle devient maintenant un suspect. C’est terrible d’imaginer qu’il y a un violeur ici. Qui cela peut-il bien être ? Salim, Momo, Yann, Jérôme ou Sacha ? Je ne peux pas croire que l’un d’entre eux soit le coupable. Les filles sont encore plus choquées. Comment peuvent-elles se sentir en sécurité alors qu’un violeur circule, en liberté, sous le même toit ?

 

Nous sommes tous consternés. Il faut tirer cette histoire au clair très rapidement. Si Sylvie allait mieux, elle pourrait nous donner le nom de son agresseur. Malheureusement son état ce matin était stationnaire. Elle est toujours dans le coma. Mais qui a donc violé Sylvie ? Les filles nous ont tour à tour posé La Question. Est-ce toi qui a violé Sylvie ? Et chacun d’entre nous a répondu par la négative. Il y a un gros froid entre nous tous. Je peux maintenant ressentir très nettement un sentiment de paranoïa. Nous nous soupçonnons tous les uns les autres. Sauf Salim en qui j’ai une confiance absolue. Et je pense qu’elle est réciproque. Je l’espère. Le petit groupe s’est éclaté. Les filles sont réunies ensemble dans la chambre d’Amandine et Sabrina. Sabrina. J’espère simplement que tu ne penses pas que je pourrais être le violeur. Les autres garçons sont éparpillés un peu partout. Sonnés. Paranos. Salim et moi-même sommes dans notre chambre, allongés sur notre lit, essayant, par éliminations, de démasquer le coupable.

 

Qui a violé Sylvie ?







A suivre...

Par ivc - Publié dans : Roman - Viol à l'arraché - Communauté : Romans en ligne
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /2010 19:00

Ils sont tous en train de s’organiser pour utiliser les salles de bain à tour de rôle, et il y a du conflit dans l’air.







Si vous avez manqué l'épisode précédent, c'est ici. Pour reprendre du début, c'est ici.





Minuit trente. Très sincèrement je ne sais pas comment nous avons fait pour parvenir à rentrer à la Villa Mon Plaisir sans nous faire arrêter par la Police. L’alcool ingéré en grande quantité toute cette soirée nous a rendu très très gais et surtout très bruyants. Je vous épargne les titres des chansons que nous avons interprété – et c’est un grand mot – à tue-tête sur le chemin du retour. Nous avons fait tellement de bruit que nous avons dû réveiller la quasi-totalité des habitants des quartiers traversés. Et le pire, c’est que je m’en fiche royalement ! Nous sommes tous affalés sur les transats autour de la piscine. Visiblement, personne n’a envie de terminer la soirée comme cela. Il faut dire que le temps est agréable ce soir. On ne peut pas dire qu’il fait chaud, non, mais il fait doux. C’est vrai qu’on est déjà fin mai. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai comme une envie irrépressible de me baigner. Je suis pourtant conscient que l’eau de la piscine ne doit pas être très chaude, pour ne pas dire froide, mais l’idée d’un petit plongeon me plait bien.

 

   J’ai une super idée les amis, si on faisait un bain de minuit ?

 

Cela a l’air de chiffonner Jérôme. Qu’est-ce qu’il va nous sortir celui-là.

 

  Mais j’ai pas de maillot de bain !

 

Il faut tout lui expliquer.

 

  C’est justement ça un bain de minuit, tout le monde se baigne à poil.


Cette idée n’a pas l’air de lui plaire. Quel rabat-joie !

 

  Allez, tous à poil !

 

En disant cela, je suis déjà en train d’enlever mes chaussures, aussitôt imité par Sacha, Salim, Momo et Sabrina. Même Yann s’y met. Très sincèrement, lui aurait pu être dispensé, je ne suis pas sûr de vouloir voir un tel spectacle. Je suis le premier à être presque totalement déshabillé. Je suis à présent en boxer. J’hésite un instant, puis d’un mouvement sec je l’enlève et aussitôt je plonge en hurlant dans la piscine, presque aussitôt suivi par Sacha puis par les autres. J’ai maintenant une bonne raison de hurler : l’eau est glacée ! Momo commence à chahuter avec Salim, et aussitôt nous nous lançons tous dans la bataille. Des vrais gamins ! Au moins nous n’avons plus froid. Qu’est-ce que c’est que ça ? Mon coude vient de taper dans quelque chose, et je dois dire que c’est assez douloureux. Je me retourne. Qu’est-ce que cette bouteille vide fait là en train de flotter ? On aurait pu se blesser sérieusement avec cette bouteille de gin. Quel est le con qui l’a jeté dans la piscine ? Tout en pestant, je la balance hors de notre aire de jeux, et je me relance dans la mêlée. Mais où sont Jérôme et Isabelle ? Je n’y crois pas, ils sont toujours allongés dans les transats, apparemment en train de faire un petit – ou gros – somme.

 

  Eh, regardez ces deux abrutis en train de pioncer ! Si on les foutait à l’eau ?

 

Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous nous jetons tous les sept sur ces deux malheureux. Je m’occupe avec Sacha, Salim et Sabrina de Jérôme. Isabelle est quant à elle prise en main – si je peux m’exprimer ainsi – par Amandine, Yann et Momo. Ils n’ont pas le temps de comprendre ce qu’il leur arrive ! En un quart de seconde, ils se retrouvent nus comme des vers. Ils ont beau hurler, ils vont se retrouver à l’eau. Un, deux, trois… et les voilà tous les deux dans la piscine, aussitôt rejoints par nous tous. Jérôme doit être quelqu’un de très pudique, car il garde en permanence ses mains devant ses parties intimes, ce qui provoque de notre part une hilarité générale.

 

Cela va faire plus d’une heure que nous amusons dans la piscine. Le rythme a un peu ralenti, la fatigue se faisant de plus en plus intense. La nudité couplée à la promiscuité – neuf dans un bassin relativement petit – nous a encore plus rapprochés. Même Jérôme, le complexé de service, semble maintenant très à l’aise dans la tenue d’Adam. Le froid commence à se faire sentir. Je grelotte un peu. Je ne suis pas le seul. Il est question d’aller se coucher. Je crois que c’est effectivement une bonne idée, la journée a été longue pour nous tous. Quel amour ce Yann, il a été nous chercher des serviettes ! Il est temps d’aller dormir. Je prends sur un des transats mes affaires éparpillées un peu partout et je me dirige avec les autres vers la maison. Ils sont tous en train de s’organiser pour utiliser les salles de bain à tour de rôle, et il y a du conflit dans l’air. Je suis trop fatigué pour affronter cela ce soir. Je prendrai ma douche demain matin. Cet escalier me parait interminable ce soir…

 

– Je suis crevé !

  Moi aussi mon cœur.

 

Nous sommes tous les deux assis sur notre lit, comme deux vieux. Je ne peux pas dire ce soir que j’ai n’ai pas le courage de me déshabiller, j’ai juste une serviette autour des reins. C’est déjà ça de pris. J’enlève ma serviette et me glisse sous les draps, aussitôt rejoint par Salim.

 

  Te voilà enfin raisonnable mon petit Olivier, tu te couches tout nu comme moi. T’as pas peur que je te viole ?

  Je suis tellement fatigué que je crois que je réagirais même pas !

  Arrête ! Tu m’excites…

  Ah oui ? Ça ne se voit pas…

  Tu ne perds rien pour attendre ma poule.

  Dors au lieu de dire des conneries !

  T’as raison. Bonne nuit Beau Gosse !

  Bonne nuit mon cœur !

 

Je me sens tellement fatigué que je n’arrive même pas à réfléchir. Que c’est agréable de se sentir aspiré dans le monde du sommeil…






A suivre...

Par ivc - Publié dans : Roman - Viol à l'arraché - Communauté : Romans en ligne
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /2010 23:02
Dallas, ton univers impitoyable




Je passe de plus en plus de temps devant Télé Melody, je devrais d’ailleurs m’inquiéter de ma santé mentale, et en regardant une rediffusion de Stars présenté par Michel Drucker en 1981, je suis tombé sur un groupe que je ne connaissais absolument pas, bien qu’un de leur titre phare m’était étrangement familier… un titre très souvent entendu dans les soirées  LIM, en fait un générique tv culte. Si je vous dis Ton univers impitoyable, Glorifie la loi du plus fort, Et sous ton soleil implacable, Tu ne redoutes que la mort, vous me chantez immédiatement… Dallas !

Voici donc Dallas par le groupe Dallas…






 

Par ivc - Publié dans : TV
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    
Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /2010 18:23
Imaginez une blonde pulpeuse à la poitrine surdimensionnée vêtue d’un mini string dansant lascivement dans une cage…



Si vous avez manqué l'épisode précédent, c'est ici. Pour reprendre du début, c'est ici.




Sabrina est assise sur mes genoux, ses bras autour de mon cou. Le spectacle qui s’offre à nous est saisissant ; imaginez une blonde pulpeuse à la poitrine surdimensionnée vêtue d’un mini string dansant lascivement dans une cage… Quel spectacle ! Il doit y avoir quatre ou cinq de ces phénomènes éparpillés un peu partout dans ce bar très spécial introuvable pour les non-initiés. J’étais loin d’imaginer qu’un tel établissement pouvait exister ici. A Pigalle, oui, bien entendu, mais ici ! Je suis étonné que Yann connaisse ce genre d’endroit. En fait, pas tant que cela. Vu son physique ingrat, cela doit être le seul moyen pour lui de voir une fille de près. Peut-être celles-ci font-elles quelques heures supplémentaires en privé si on se montre très gentil et surtout très généreux ? Je me suis toujours demandé s’il y avait des prostituées dans les campagnes. On pourrait penser qu’avec tous ces animaux de ferme ce n’est pas indispensable. J’ai maintenant ma petite idée… La blonde platine à forte poitrine nous fixe maintenant, un doigt dans la bouche, l’autre main caressant son entrejambe. Ses anches font un mouvement de va-et-vient plus qu’explicite.  Elle ne nous lâche pas du regard, ignorant, oubliant les autres clients assis tout autour de sa cage. Elle enchaîne clin d’œil sur clin d’œil à notre attention. Elle nous allume, et quel allumage ! Sabrina et moi-même nous nous regardons… et éclatons de rire ! Honnêtement, ce grand épouvantail peroxydé ne m’excite pas du tout. Bien au contraire… Elle est tout ce que je déteste chez une femme, la vulgarité étant numéro un. Mais si le numéro de cette Loana ne provoque en moi rien d’autre que de l’amusement – et de la pitié – je ne reste cependant pas de marbre. Avoir Sabrina sur mes genoux, l’alcool aidant, a déclenché chez moi une réaction que l’on qualifiera de naturelle. Et Sabrina s’en ai bien aperçue et s’amuse, avec des petits mouvements de anche, à m’exciter de plus en plus. Et je dois avouer que je me sens maintenant très à l’étroit dans mon armure. Elle me chauffe, et ça marche. Pris au jeu, je lui caresse maintenant doucement les cuisses, remontant à chaque mouvement un peu plus haut. Et cela a l’air de lui plaire, et pas qu’à elle d’ailleurs. Non seulement la strip-teaseuse prend cela comme un encouragement, mais surtout les hommes dans ce bar commencent à jeter vers nous des regards de moins en moins discrets et de plus en plus insistants. Cela à l’air d’exciter un autre couple un peu plus loin qui entreprends le même jeu sans nous quitter du regard.  Curieusement, cela ne me gêne pas, bien au contraire, je prends un malin plaisir à exciter ces quidams. Après toutes ces années, serais-je en train de me découvrir un goût pour l’exhibitionnisme ? Il semblerait que oui, je n’aurais jamais imaginé cela il y a encore quelques heures… Ma main remonte maintenant jusqu’à son entrejambe et s’attarde sur son string. Je lui caresse le sexe avec juste cette fine couche de dentelle entre nous deux. Pendant ce temps-là, elle a déboutonné deux boutons de la braguette de mon jeans avec sa main droite, et avec deux doigts qu’elle a introduit habillement elle caresse doucement mon membre durcit. Lequel de nous deux osera le premier outrepasser la protection textile ?

 

Ce ne sera pas pour ce soir. Pas ici en tous cas. L’attroupement de mâles en chaleur qui vient de se former brusquement autour de nous me met immédiatement mal à l’aise. Très mal à l’aise. Je redescends aussitôt la jupe de Sabrina et lui glisse à l’oreille : « On y va ! ». Nous nous échappons prestement vers le bar sans même un regard pour notre poupée dansante. Nous retrouvons le reste de notre petite bande très amusé par notre petit numéro.

 

  Et bien mes lascars, je pensais pas en vous amenant ici que ce serait vous l’attraction. Quel succès !

  Merci Yann, j’espère que ça t’a plu. Ça vaut bien un verre, non ?

  Oui, mais à la maison, parce que ici ça devient malsain.

 

Isabelle a raison. Le petit attroupement de tout à l’heure s’est déplacé et nous a rejoint. Les regards insistants de certains petits papys sont effectivement dérangeants. Je  ne parle pas de ceux qui se caressent le paquet. Il est grand temps de déguerpir.

 

  Tu as raison. Allons-y !





A suivre…

Par ivc - Publié dans : Roman - Viol à l'arraché - Communauté : Romans en ligne
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /2010 18:08
Fruits de mer - Jean Triolet



Si vous avez manqué la partie précédente, c'est ici. Pour reprendre du début, c'est ici.





Je n’en crois pas mes yeux ; le plateau de fruits de mer que le serveur vient de déposer devant nous est gigantesque. Mieux : il est appétissant. Très appétissant même. Je n’ai jamais été très friand de crustacés et autres coquillages. Le spectacle désolant de quelques-uns de mes amis malades lors de réveillons de la Saint Sylvestre et autres soirées après avoir ingéré une huître ou une crevette pas fraîche m’a depuis longtemps découragé. Voir ces pauvres malheureux penchés au-dessus de la cuvette des toilettes, vomissant par vagues successives, blancs comme des linges, leurs soirées gâchées par ces malaises temporaires certes mais spectaculaires m’avait jusqu’à aujourd’hui dissuadé d’en manger. Bien entendu j’en avais déjà goûté lorsque j’étais enfant. Je peux dire que j’étais à l’époque un amateur de moules. Sans jeux de mot. Puis vint très rapidement la période contemporaine d’abstinence. La simple vision de bulots, par exemple, m’incommodait. Me dégoûtait devrais-je dire. Jusqu’à aujourd’hui. Je ne sais pourquoi, la vision de ce plateau aux choix variés me fait envie. J’avais hésité avant de commander. En fait les autres ont décidé à l’unanimité de commander un plateau collégial. J’ai suivi pour ne pas être le rabat-joie qui allait se commander un steak-frites.  Et puis après tout nous étions au bord de la mer, les produits ne pouvaient être que frais. Et c’est vrai qu’ils ont l’air frais. Les crevettes ont l’œil vif, c’est plutôt bon signe. Allez, je me lance. Je prends ce qui ressemble à un bouquet, je lui arrache délicatement la tête, lui ôte la carapace rigide comme le corset d’une Débutante. Je pose ce corps nu, écorché vif, sur le tapis soyeux et humide que forme ma langue. Et là mes papilles s’emballent ! J’enchaîne huîtres, moules, bigorneaux et autres noix de Saint-Jacques à un rythme soutenu. J’avais simplement oubliés après toutes ces années combien c’est bon. C’est comme si il y avait un feu d’artifice dans ma bouche. Une explosion de saveurs ! J’exalte… Momo sourit. Il me regarde. En fait ils sourient tous, sans doute amusés de me voir un si bon appétit.

 

  Je me demande comment tu peux engloutir autant de nourriture. C’est incroyable !

 

La remarque de Yann me fait sourire à mon tour. Il doit se demander le pauvre comment je fais pour rester aussi mince en mangeant autant. Lui, j’imagine, doit se battre à chaque instant pour ne pas prendre un kilo supplémentaire. Il n’a pratiquement pas touché à son assiette ce soir. Combien peut-il peser ? Il doit dépasser les cent dix kilos. Au minimum.

 

Pour accompagner tout cela, un bon petit vin d’Alsace bien frais,  un Gewurztraminer je crois. Je n’ai jamais été très fort en vins. Mon exil québécois n’aide pas. Tout ce que je peux dire c’est qu’il se boit bien. Très bien, trop bien même devrais-je dire. Je ne sais pas à combien nous en sommes, mais c’est la valse des bouteilles sur la table. A peine une bouteille est apportée par le serveur qu’elle est presque immédiatement remplacée par une autre. Cela fait un petit moment que dure cette petite danse. Je suis incapable de dire à combien de verre j’en suis. Mais je me sens bien. La leçon d’hier soir ne nous a pas servis. Nous nous remettons tous à picoler. Sans exception. Le remède contre la gueule de bois  n’est-il pas de reboire de l’alcool ? Une coupe de Champagne ou un verre de bière à jeun le matin est parait-il radical contre les maux de tête et nausées diverses. Je n’ai jamais eu le courage d’essayer. Demain matin peut-être. On soigne le mal par le mal en quelque sorte.  Mais de quelle gueule de bois essayons-nous de nous guérir ce soir ? Une probablement un peu plus dur à soigner qu’une simple céphalée inconfortable. Buvons-nous pour oublier ? Peut-être. Tout ce que je peux dire c’est que nous passons du bon temps tous ensemble. Presque tous ensemble. Mais nous ne sommes pas là pour nous apitoyer sur notre sort. Nous sommes repartis dans une logique de consommation massive d’alcool. Comme la nuit dernière. Notre tempérament festif – je ne sais pas si vraiment le mot, peut-on appeler s’amuser le fait de boire de l’alcool ? – reprends le dessus. L’alcool me monte à la tête.  Nous sommes à présent lancés dans des conversations et débats passionnés. Nous sommes tous chauds. Très chauds. Dans tous les sens du terme. Les allusions grivoises fusent. A mon plus grand bonheur. Oui, je dois l’avouer, j’aime de genre de dérapages, non pas que je sois obsédé par le sexe, non, cela non. Ou peut-être un petit peu alors.  Un  tout petit peu. Bon, je dois l’avouer, j’adore parler, plaisanter sur le sexe. En fait j’aime le sexe tout court. Comme tout le monde me direz-vous. C’est vrai, qui n’aime pas le sexe ? J’en connais peu. Moi, j’ose le dire, j’aime le sexe. Peut-être un peu plus que la moyenne, c’est bien possible.

 

Le dîner s’éternise. Nous prenons notre temps. J’adore cela. Quand rien ne nous presse… J’aime prendre mon temps lorsque je soupe – pardon, lorsque je dîne, mon québécois revient parfois à la charge – en bonne compagnie. Mon dessert, une tarte aux pommes succulente, est avalé depuis longtemps. Le patron ne nous presse pas.  Cela me change de Montréal où le dessert arrive toujours simultanément avec le café et l’addition. Ici, rien de tout cela. On vous apporte la note lorsque vous la demandez. Quel plaisir, et quel privilège de pouvoir prendre son temps.

 

Ma montre indique vingt et une heure cinquante-sept. Voilà presque trois heures que nous sommes à table. Trois heures qui me paraissent trois minutes. Nous passons du bon temps. Je n’ai pas envie que cela s’arrête. Eux non plus d’ailleurs puisqu’il est question de poursuivre notre soirée dans un bar « ultra sympa » dixit Yann. Cette proposition semble recueillir tous les suffrages. Je suis content. Il y avait longtemps que je n’avais pas passé une aussi bonne soirée. Et pourtant, quoi d’extraordinaire qu’une soirée au restaurant entre amis ? Des plaisirs simples, voilà ce qui me manque...




A suivre…

Par ivc - Publié dans : Roman - Viol à l'arraché - Communauté : Romans en ligne
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /2010 10:35

 Cela va faire maintenant un peu plus de deux heures que nous sommes là sur cette magnifique plage qui s’étend à perte de vue.






Si vous avez manqué la partie précédente, c'est ici. Pour reprendre du début, c'est ici.





Cela va faire maintenant un peu plus de deux heures que nous sommes là sur cette magnifique plage qui s’étend à perte de vue. Yann nous explique qu’elle est bien plus belle que celle de Granville. Je ne connais pas encore. Le vent glacial qui s’est levé explique cette immensité désertée. Nous sommes assis sur le sable, grelottants, secoués par les violentes bourrasques entraînant avec elles des milliers de particules qui nous fouettent, que dis-je nous décapent la peau tel un gommage qui serait effectué non pas au savon noir et au kessa fidèles aux marocains mais au karcher. Nous ne parlons pas. Nous hurlons afin de nous faire comprendre, essayant de ne pas nous laisser mâter par la puissante Nature qui dans un tourbillon sonore mêlant bruit du vent et des vagues essaye de nous réduire au silence. Mais nous nous entêtons. Nous ne voulons pas renoncer. La situation est plus qu’inconfortable. Et pourtant ! Nous ne voulons pas fuir, nous voulons résister, résister à cette nature toute puissante qui aura toujours le dernier mot. Nous le savons. Et pourtant, malgré ces conditions extrêmes, je prends du plaisir à être là. Ce n’est pas du masochisme. C’est simplement le fait qu’être malmené par les éléments nous fait tous du bien après ces derniers événements. Nous avons repris des conversations normales. Nous avons commencé par parler du temps qu’il fait et du climat en Normandie, puis nous avons repris nos enquêtes sur nos vies respectives. Je me sens bien. Je ris de temps en temps. Je prends du bon temps. La tragédie de ce matin me semble loin. Très loin. Je n’essaye plus de l’oublier. Elle est  présente à mon esprit, mais curieusement elle ne suscite plus ce sentiment de malaise que j’avais jusqu’à maintenant. Je pense que je l’accepte mieux. Mais cela reste un sujet tabou parmi nous. A aucun moment le mot « Sylvie » n’a été prononcé. Bien au contraire. J’ai le sentiment que tout a été fait pour l’éviter. Nous sommes là pour nous changer les idées. Nous rions, nous nous sentons bien, comme au bon vieux temps.

 

  Comment cela se fait qu’un beau garçon comme toi soit toujours célibataire ?

 

Je m’attendais à cette question. Elle devait tôt ou tard m’être posée. Je suis même étonné qu’elle ne l'ait pas été avant. Le petit sourire malicieux de Yann en dit long. Je sais ce qu’il se demande, ce qu’ils se demandent tous d’ailleurs, car comme par magie les conversations se sont tues à l’énoncée de cette question. Le vent lui-même s’est calmé, tout d’un coup, comme s’il attendait lui aussi avec impatience et curiosité ma réponse. Tous les yeux sont dirigés vers moi. Encore une fois je pense à Confucius et à son auditoire. Mais cette fois-ci je me sens rougir. Je suis mal à l’aise. Je n’aime pas parler de moi. Je suis célibataire, comme beaucoup d’autres, et alors ? Je ne suis pas le seul de ce groupe. Je sais ce qu’ils veulent savoir… Le fait de sortir simultanément avec Sabrina et Salim au collège a laissé des traces dans leurs esprits après toutes ces années. Peut-être cela les a-t-il fait fantasmer ? Qui sait… Ce qu’ils veulent savoir c’est si j’aime les filles ou les garçons. C’est ça la vraie question. Est-ce que je vis avec une fille ou un garçon ?

 

  Est-ce que tu es vraiment célibataire d’ailleurs ?

 

Vous voyez ? Dans le mille !

 

  Vous savez je suis steward, je voyage tout le temps, je ne suis jamais chez moi, ce n’est pas vraiment l’idéal pour un couple.

  Ne me fait pas croire Olivier que tu n’as jamais eu une relation sérieuse…

– Non, c’est vrai, j’ai des aventures bien sûr, mais ça ne dure jamais très longtemps.

  La relation qui a duré le plus longtemps ?

– Je sais pas moi, tu sais cela ne veut pas dire grand-chose. J’ai toujours vécu tout seul, je ne suis jamais là, alors une relation pourrait durer dix ans  alors qu’on ne se verrait que deux heures par semaines. C’est pas une vrai relation ça !

  Elle s’appelait comment la dernière ?

 

Voila qu’Amandine s’y met elle aussi.

 

  Je vous trouve bien curieux tous !

 

Salim vole à mon secours. J’adore !

 

  Et alors qu’est-ce que ça peut te faire ? D’ailleurs je suis sûr que tu meurs d’envie de le savoir. Vous étiez proches, on va dire intimes, au collège. Vous vous êtes revus depuis ?

  Yann, occupe-toi de tes fesses !

  Faut pas te vexer Salim, c’était pas méchant…

 

Il y a des sujets sensibles, et c’en est un. A la question de Yann, ils se sont tous mis à regarder ailleurs, gênés.

 

  D’ailleurs, dis-moi un truc… Tu es célibataire toi aussi, non ? Toi aussi tu es beau gosse ! Alors comment cela se fait-il que tu sois célibataire ?

 

Tout le monde éclate de rire. C’est au tour de Salim d’être rouge pivoine. Et je dois dire que je me suis toujours posé la question tout au long de ces nombreuses années. Est-ce que Salim aime les hommes, les femmes, ou peut-être les deux ? Après la petite scène d’hier soir, j’ai ma petite idée…

 

  Regardez, il y a Isabelle là-bas !

 

On se retourne tous, d’un même mouvement. Effectivement au loin, sur la route qui mène à la plage, il y a Isabelle qui arrive d’un pas décidé. Je l’avais oublié l’espace d’un instant. Qu’elle heure peut-il être ? Dix-sept heure vingt-sept. Déjà ! La pauvre est restée toute la matinée à l’hôpital. Momo est tout blanc. Sabrina également. Nous voici replongés dans une angoisse sourde. Quelles vont être les nouvelles ? Probablement rien de plus que tout à l’heure, sinon Isabelle nous aurait appelé aussitôt. La voilà qui approche. Elle n’a pas bonne mine. Sacha la prend dans ses bras. Elle est en sanglots. À ce que je peux comprendre, l’état de Sylvie n’a pas bougé. Ni mieux, ni pire. Toujours critique. Il faut attendre. Attendre encore. Et toujours pas de signe de ses parents. Que faire de plus ? Rien, sans doute. Nous revoilà plongés dans une profonde mélancolie. Nous sommes assis, immobiles, silencieux, imperméables aux bourrasques qui essayent de nous renverser. Nous sommes devenus des rocs, inamovibles, imperturbables aux éléments. Je regarde dans le vide. Au loin je peux distinguer à peine la mer qui se rapproche. J’ai cette impression de vide. Encore une fois je suis comme déconnecté de la réalité. Je n’ai plus prise au temps. Cela fait combien de temps que nous sommes dans cette position, immobiles ? Je ne sais pas, une grande fatigue m’a envahi, mes yeux sont fermés, je me laisse bercer par le bruit des vagues qui se rapprochent. Je peux maintenant sentir les embruns. Que c’est agréable ! Le vent s’est calmé, je peux entendre très près de moi le doux clapotis des vagues qui me berce. Oui, je suis bien. Je sens du mouvement autour de moi. J’ouvre les yeux, mes camarades sont en train de se lever. La mer est à quelques mètres de nous. Quel bonheur ! J’avais oublié le phénomène des marées. Les éléments auront finalement eu le dernier mot et auront réussi à nous déloger. Ma montre indique dix-neuf heures douze. Je suis persuadé à ce moment même d’être au paradis sur terre.






A suivre...

Par ivc - Publié dans : Roman - Viol à l'arraché - Communauté : Romans en ligne
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    

IVC

Calendrier

Septembre 2010
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      
<< < > >>

Profil

  • ivc
  • In Varietate Concordia
  • Homme
  • Londres
  • e-mail + windows live messenger: ivc [chez] live [point] fr //// Gmail: ivcblog [chez] gmail [point] com

Derniers Commentaires

Recommander

 


 

 

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés