Mercredi 9 juin 2010
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Photo via Derek's Tumbles
Pour ceux qui n'auraient pas tout suivi, et vous êtes pardonnés parce que ça fait un petit bout de temps,
l'épisode précédent est ici, pour reprendre du début c'est ici.
Jérôme. Jérôme Paillard. Paillard, un
nom qui ne lui va pas, lui qui a l’air si introverti. Que dire de lui ? Un mètre soixante-cinq, mince, brun, cheveux courts, un diamant à l’oreille droite, le teint mat, sympa, célibataire,
étudiant en droit à Paris, c’est plutôt léger, non ? Pour être franc, Jérôme est un de ceux que je connais le moins bien. Il était très ami à l’époque avec Sacha, ils trainaient tout le
temps ensemble, comme deux frères. Je garde de lui tout de même un très bon souvenir, celui d’un garçon très agréable, sympathique, ami avec tout le monde. Il était également apprécié par
quelques demoiselles de notre classe qui aimaient sans doute non seulement sa belle gueule mais également son côté un peu timide, vulnérable, sauvage. Certaines ont su d’ailleurs le prendre en
main très tôt, si je m’exprimer ainsi, à sa plus grande joie. Il nous avait raconté à l’époque comment Isabelle l’avait coincé un après-midi en forêt et l’avait initié à sa plus grande surprise
mais néanmoins pour son plus grand plaisir aux joies de l’amour. Personne d’entre nous ne l’avait alors cru jusqu’à ce que la belle ne confirme les faits. Nous étions alors extrêmement jaloux de
lui, en cachette bien sûr car nous n’étions plus officiellement puceaux depuis longtemps même si nous étions pour la plupart incapable de citer un
seul nom d’une de nos conquêtes. Que voulez-vous, à quatorze ans nous avions besoin de faire ces démonstrations de virilité ridicules
qui ne trompaient personne, il faut bien
l’avouer.
Jérôme.
Je m’entendais bien avec lui, on se marrait bien. Je me souviens de lui comme étant un peu en retard par rapport à nous côté puberté, il n’avait pas encore beaucoup grandi, il n’avait développé
aucun muscle. J’ai en mémoire ses mollets qui restaient désespérément plats, sans relief. Il avait tout de même entamé sa puberté, contrairement à Yann, et sexuellement il avait acquis les outils
nécessaires pour combler ses petites copines, son dépucelage par Isabelle nous l’a confirmé. Il nous montrait également régulièrement ses fréquentes érections en classe à travers son jean, je le
vois encore tendre la toile de son pantalon autour de son membre viril dur comme du bois, avec le recul je me dis qu’il devait être un peu exhibitionniste. D’ailleurs il ne se privait pas de nous
exhiber fièrement son sexe lors de nos parties de cinq contre un, parce que lui aussi en était. En parlant d’après-midi coquin, je me souviens qu’un jour Jérôme et Sacha s’étaient isolé dans la
cage d’escalier d’un immeuble au pied duquel nous jouions au foot, et que Jérôme était redescendu avec son tee-shirt maculé de sperme, ce qui nous avait fait bien rire. Il nous avait alors dit
qu’avec Sacha ils s’étaient branlés dans l’escalier et qu’à défaut de mouchoirs ils avaient utilisé ce qu’ils avaient sous la main pour s’essuyer. Avec le recul je me demande si leur complicité
amicale n’allait pas en fait un peu plus loin… Allez savoir !
J’ai
aussi en mémoire un Jérôme qui consommait régulièrement, trop régulièrement peut-être, du cannabis. Je ne sais pas si on peut dire qu’il était accro, mais ça lui donnait une démarche et une
attitude très peace and love, il était toujours très calme et détendu. Il fumait déjà beaucoup de
cigarettes qu’il roulait lui-même, mais je suis incapable de vous dire combien de joints il fumait par jour. Tout ce que je peux affirmer c’est qu’il
en fumait en douce au collège et qu’il débarquait en cours souvent stone. Est-ce qu’il prenait d’autres drogues ? Je ne pense pas, je crois qu’il se limitait au chichon. Et à l’alcool. À la
bière plus précisément. Dans quelles proportions ? Je dirais qu’il restait raisonnable, je ne l’ai jamais vu soul, il descendait quelques canettes de bières pour faire comme les copains mais
je ne pense pas qu’on pouvait le qualifier d’alcoolique.
Et ses
rapports avec Sylvie alors ? Je ne me crois pas qu’il soit sortit avec elle, je me souviens parfaitement d’Isabelle et d’une ou deux autres filles de la classe, mais pas avec Sylvie. Je ne
me souviens même pas qu’il ait essayé de la draguer, mais cela reste tout à fait possible. Avec le temps les souvenirs nous jouent parfois des tours. Pourquoi l’aurait-il violé ? C’est une
bonne question, pour des tas de raisons je dirais, mais il ne l’aurait pas violé pour encore plus de bonne raisons. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je ne veux pas savoir. Je ne veux pas
envisager le pire. Je n’arrive pas à imaginer qu’on puisse violer quelqu’un, alors effectivement cela me dépasse. Mais sous l’emprise du cannabis. Avec de l’alcool. Le plus doux des agneaux ne
pourrait-il pas perdre un instant la raison et se transformer en un animal sauvage ne pouvant résister à ses instincts les plus profonds ? Les prisons sont pleines d’individus n’ayant pas pu
à un moment précis contrôler leurs pulsion. Et si Jérôme avait eu un moment de faiblesse monstrueux ? Je n’arrive pas à me faire à cette idée, c’est trop loin du personnage. Personne dans
cette foutue baraque ne cadre avec cette image du violeur. Et pourtant… Qui alors ?
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