Vendredi 8 avril 2011
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La réalité c'est l'illusion créée par l'absence de drogues. Richard Desjardins
Ils fument. Beaucoup. De la beuh. Pas du chichon. Ça sent meilleur. Si on peut dire. Je n’en ai jamais fumé. Ça ne
m’intéresse pas. Ça ne m’a jamais intéressé. C’est quelque chose de nouveau pour moi de voir le dealer passer tous les jours à la maison. Ils dépensent un fric fou. Ils sont comme des
zombis. Tout le temps amorphes. Parfois je rentre du travail et j’en trouve un assis sur le sofa, dans la pénombre, le regard dans le vide. Il ne fait rien. Il est juste assis là. Comme un vieux.
Impotent. Deux heures plus tard je le retrouve au même endroit. Il n’a pas bougé. Il ne fait rien. Il n’écoute pas de musique. Il ne regarde pas la télé. Il ne lit pas. Il reste juste immobile.
Affalé dans le canapé. Ça fait peur. Quand il me parle je ne comprends rien. Il n’articule pas. Sa copine fume aussi, mais moins. Elle s’occupe d’enfants, si les parents savaient ça je suis sûr
qu’ils y réfléchiraient à deux fois. On dit que le cannabis n’est qu’une drogue douce. Sans danger. Sans accoutumance. Quand je vois dans quel état sont certains de mes collocs, je ne peux
m’empêcher de penser qu’une dépendance psychologique est présente. Bien présente. Ils sont jeunes. Mais déjà vieux. Le cerveau ramolli. J’imagine que tout affaire de modération. Quand la
consommation reste contrôlée ça doit être sympa. Peut-être. Quand on en devient esclave… l’attrait s’envole. Ça ne donne pas envie. Si jeunes, et déjà lobotomisés !
Par ivc
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Dimanche 30 janvier 2011
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18:07
Le théâtre rassemble des gens venus écouter un cri qui va les bouleverser. Wajdi Mouawad
Fin janvier. Déjà. Le monde change. Il est en ébullition. La Tunisie. Maintenant l’Égypte. Ils se battent pour un monde
meilleur. Mais à quel prix ? Quel est l’avenir de leur pays maintenant ? Après une stabilité politique qu’ils ont payé très cher le risque d’un bouleversement politique et social est
là… j’espère que la transition se fera en douceur et sans heurts.
À l’opposé ma vie londonienne continue paisiblement, sans nuages… Depuis le premier jour où j’ai mis les pieds à Londres j’ai adoré cette ville, même si j’ai toujours du mal à comprendre comment
font les anglais pour se promener en t-shirts et mini-jupes en plein hiver, ça me dépasse.
Par ivc
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Jeudi 28 octobre 2010
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02:21
Les yeux dans les yeux, il prit son sourire et le lui rendit. Paul Claudel
Il y a des périodes comme ça où on est plus ouvert sur le monde. On
est plus attentif. On observe ses pairs. On scrute l’univers qui nous entoure. On remarque des petits détails qui passent habituellement inaperçus. La demoiselle dans la rue croise mon regard et
me sourit. Le jeune homme assis deux rangées devant moi dans le train me regarde à la dérobée et esquisse un sourire quand il se rend compte que je l’ai surpris. La caissière du McDo local me
reproche de ne pas être venu depuis longtemps et me dit que mon sourire lui a manqué. Je découvre des bâtiments et des coins superbes sur des trajets que j’effectue pourtant depuis des semaines.
Je suis dans une période où je m’ouvre plus que d’habitude au monde. Je suis plus attentif. Comme à Paris les gens sont pressés. Renfermés sur eux
dans les transports en commun. Pourtant ils n’attendent qu’une chose ; un peu d’attention. D’humanité. Et parfois ils nous remercient de ce quart de seconde d’intérêt que l’on veut bien leur
porter. Par un sourire. Par une étincelle dans les yeux. Pourquoi courir le monde pour trouver le bonheur alors qu’il est là, ici, devant nos yeux ?
Par ivc
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Mardi 26 octobre 2010
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23:24
On prend un amant comme un miroir, non pour le regarder, mais pour s'y regarder. Henri
Duvernois
Il rentre dans la rame et s’installe à côté de moi. Il est jeune, plutôt mignon. Nos cuisses se frôlent. Imperceptiblement.
De temps en temps la pression est plus forte. Par moment nos regards se croisent. Appuyés. Puis il détourne la tête. Ou bien c’est moi. Dans le reflet de la vitre me faisant face je peux voir
qu’il me dévisage parfois. La situation m’excite. J’ai un début d’érection. Je pourrais lui sourire. Ou bien engager la conversation. Mais je n’ai pas envie de rompre le charme. De concrétiser.
J’aime cette situation improbable qui ne mènera à rien. Je me lève à la station Green Park. Je lui jette un dernier regard en quittant la rame. Peut-être rêverai-je de ce beau brun cette nuit. Ou
pas.
Par ivc
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